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Rachida et Rama : deux icones perdues en ''diversité'' politique à la française


 

Retour sur la trajectoire des deux icônes politiques de la diversité
 
Par Lucien Pambou









 


Rachida Dati  
Rachida Dati
© daylife
 





En 2007, Nicolas Sarkozy est passé à l’action en nommant Rachida Dati et Rama Yade à des postes régaliens alors que jusque là les différents gouvernements socialistes s’étaient contentés de discours, même si Monsieur Bambuck a été promu Secrétaire d’Etat aux sports sous François Mitterrand.

Il y a un sous-entendu dans la société française que personne ne remet en question car tout le monde en est d’accord : c’est le concept de diversité en politique qui peut être approximativement défini comme faisant référence à la différence, au particulier, à l’étrangeté, au singulier. Ce concept de la diversité, utilisé et validé sociologiquement (hommes/femmes, handicapés, minorités ethniques et politiques) trouve une résonnance et une connotation particulière en politique quand il s’agit de définir des citoyens français d’origine étrangère, africaine ou maghrébine, et demain asiatique.

La France n’est pas l’Amérique et il lui faudra encore attendre très longtemps pour que les Français d’origine étrangère aient un statut comparable à ceux des Noirs américains
Lucien Pambou


La citoyenneté normalement efface le concept de l’origine et ne reconnait que des êtres non ethniques ; le singularisme de la politique française, c’est de réintroduire ce concept dans la vie politique française et de le faire accepter par les partis de droite, de gauche, du centre, de l’extrême droite à l’extrême gauche avec la complicité des citoyens français issus des minorités.

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Rachida Dati et Rama Yade  
Rachida Dati et Rama Yade
© lemonde.fr
 





Rama Yade et Rachida Dati en accédant aux hautes fonctions régaliennes de la République ont chaussé les bottes de sept lieues du concept de la diversité en politique élaboré par le modèle français. Elles ont été les icones de la politique gouvernementale jusqu’à leur départ. Elles ont été jalousées, on a essayé de leur trouver des défauts dans la façon de tenir les propos dans l’espace politique national. Il est inutile de revenir sur les propos de Rama concernant Kadhafi et encore moins sur les attitudes de Rachida Dati dans la défense de la politique pénitentiaire de Nicolas Sarkozy.

La France n’est pas l’Amérique et il lui faudra encore attendre très longtemps pour que les Français d’origine étrangère aient un statut comparable à ceux des Noirs américains, même si la France avant les indépendances du Maghreb, de l’Afrique noire et de l’Asie considérait tous ses sujets comme « français ». Rachida mais surtout Rama n’ont pas compris que le concept de diversité en politique était construit et qu’il leur fallait participer à sa déconstruction pour que leurs nominations aux postes régaliens ne soit pas considéré comme suspectes même quand elles ont des diplômes, Sciences Po Paris pour Rama et diplômes juridiques pour Rachida Dati.

En tant qu’icones de la diversité, elles se sont contentées de leur statut pour elles-mêmes
Lucien Pambou


En tant qu’icones de la diversité, elles se sont contentées de leur statut pour elles-mêmes et non pour tous les représentants de ce que la société française qualifie de sujets appartenant à la diversité. On ne leur demandait pas d’être les porte-paroles mais d’expliquer que la société française s’est transformée, que le concept de la diversité devait être abandonné au profit de celui de citoyens à part entière pour tous les enfants de la République qui sont français, quelques soient leurs lieux et origines de naissance.




Rama Yade en compagnie de Jean-Louis Borloo  
Rama Yade en compagnie de Jean-Louis Borloo
© reuters
 





Elles ont joué dans la cour de la "glamourisation" de leur comportement et elles ont été remerciées. C’est vrai pour Rama à laquelle Nicolas Sarkozy a tout donné. C’est Nicolas Sarkozy qui a politiquement fabriqué Rama en lui donnant tout, et comme marque de reconnaissance elle a trahi Nicolas Sarkozy en allant chez Borloo.

Un Borloo « non courageux » qui n’a pas su prendre ses responsabilités en refusant de se présenter à l’élection présidentielle alors qu'une partie de la population française pense qu’il incarne des valeurs humanistes. Rama Yade est jeune, c’est une leçon de vie politique pour elle. Elle rencontre des difficultés à Colombes liées à sa domiciliation. On la voit sur les plateaux de télévision pour vanter la politique de Borloo ou de Sarkozy ? Quant à Rachida Dati, elle est « en prise de bec » avec le premier Ministre Fillon pour être désignée candidate en tant que députée investie par l’UMP. Elle pense avoir l’accord de Copé, attendons de voir. Des hommes politiques de droite, surtout UMP reprochent à ces deux icones d’avoir été suffisamment servies en termes de poste et de considération politique par Sarkozy. Elles doivent, surtout Rachdia Dati, céder leur place car elles ont été des enfants gatées par Nicolas Sarkozy.

Rama Yade est jeune, c’est une leçon de vie politique pour elle
Lucien Pambou


Que Rachida et surtout Rama méditent sur la vie politique : être premier ne suffit pas, il faut savoir durer et surtout être courageux en restituant (pas quand on a, comme c’est le cas en ce moment pour elles, un genou à terre, mais tout le temps) le véritable sens de son engagement en politique. La « discutation » au sens hégélien du terme des concepts comme ceux de la diversité en politique participe aussi de la capacité à durer dans la vie politique française.


C’est une leçon de vie politique pour tous les citoyens français et surtout ceux d’origine étrangère en politique française


28/12/2011
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