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Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage

 

Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage : regarder le passé en face pour construire l'avenir


Unique en France, le Mémorial de l'abolition de l'esclavage marque de manière solennelle le rapport à notre passé, avec l'ambition de promouvoir de nouveaux échanges, équilibrés et équitables, entre l'Afrique, l'Amérique et l'Europe. Inauguré ce week-end, il sera ouvert au public à partir de 15 heures, dimanche 25 mars 2012.


Ancienne capitale de la traite négrière, Nantes a fondé une part de ses richesses sur son statut de premier port négrier de France. Du 17e au milieu du 19e siècle, tous les grands ports européens ont participé à ce trafic d'êtres humains.
Durant plus de trois siècles, des navires mirent le cap vers l'Afrique pour y échanger leur cargaison de marchandises contre des millions de captifs, vendus ensuite comme esclaves sur le continent américain. Ce trafic assurait la prospérité des colons planteurs de canne à sucre ou de coton et garantit l'essor de toute l'économie occidentale. Sur les 4100 expéditions négrières françaises, près de la moitié partirent de Nantes.



Un projet urbain et politique
Lors du 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 1998, le Conseil municipal de Nantes a adopté le principe d'édifier un monument sur le quai de la Fosse. Un comité de pilotage, réunissant élus, experts et citoyens membres du collectif pour la commémoration, dont certains précédemment impliqués dans la manifestation des « Anneaux de la mémoire » suit ce projet depuis 2001.

Après une longue étape de débats et d'échanges, il a proposé de retenir le projet de l'artiste Krzysztof Wodiczko. Né en Pologne en 1943 et installé aux Etats Unis depuis 1986, cet artiste engagé est internationalement connu pour ses réalisations qui interpellent toujours le public et invitent à une prise de conscience sur les grands drames qui déchirent l'humanité.
Krzysztof Wodiczko a imaginé pour Nantes non pas un monument mais un Mémorial, conçu comme un cheminement méditatif sur le quai de la Fosse, point d'accostage des navires du commerce triangulaire qui remontaient de Paimboeuf. Projet artistique, le Mémorial est également un projet urbain et politique : en inscrivant un pan de l'histoire dans le corps de la ville, il permet de poursuivre la volonté de Nantes Métropole de reconquérir les berges de Loire.
En outre, ce Mémorial dépasse l'histoire nantaise et portera un message fort de solidarité et de fraternité à l'intention des générations futures. « Il est du devoir d'une République d'écrire toutes les chapitres de son histoire, rappelle Yannick Guin, vice-président de Nantes Métropole en charge de l'enseignement supérieur et de la recherche. Aucune ne doit être oubliée, même la plus sombre. Il fallait combler cette déficience sur l'esclavage. Tous les Français, quelle que soient leur origine, leur histoire, doivent avoir le sentiment de faire partie de la République et doivent savoir que l'on oublie pas les souffrances passées. Le mémorial est une évocation historique et actuelle de l'abolition de l'esclavage. Et l'inscription dans la pierre et le temps de ce récit permettra le dépassement des souffrances. »

Un parcours méditatif
Le parcours commémoratif s'insère entre la passerelle Victor Schœlcher et le Pont Anne de Bretagne, face au Palais de Justice. Sur cette vaste esplanade piétonne, sont disposées environ 2000 plaques commémoratives des expéditions négrières françaises comportant le nom des navires de traite partis de ports français.
Accessible par escalier ou ascenseur, un passage sous le quai, protégé des inondations, longe des plaques de verre sur lesquelles sont gravés des textes liés à l'abolition de l'esclavage. Une salle d'exposition d'environ 40 m² est aménagée en sous-sol.



06/04/2012
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