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Candidature du Bénin au poste de Directeur régional de l’Oms pour l’Afrique : Dorothée Kindé-Gazard, une opportunité pour l’Afrique



Candidature du Bénin au poste de Directeur régional de l’Oms pour l’Afrique : Dorothée Kindé-Gazard, une opportunité pour l’Afrique

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Dorothée A. Gazard, candidate du Bénin

En septembre 2014, à la faveur de la 64ème session du Comité Régional de l’Oms pour l’Afrique qui s’ouvre à Cotonou, les 47 pays membres de la région africaine de l’Oms procéderont à l’élection du prochain Directeur Régional, en remplacement du Dr Luis Sambo Gomes qui vient de boucler deux mandats consécutifs. Le Bénin a positionné dans la course, l’une de ses dignes filles, le Professeur Dorothée Akoko Kindé-Gazard, actuelle ministre de la santé et si elle parvenait à être élue, elle serait une réelle opportunité pour l’Afrique par rapport à la mission qui lui est assignée.
La candidate que le Bénin a positionnée dans la course au poste de Directeur Régional de l’Oms pour l’Afrique est une personnalité qui compte dans le monde scientifique national et international. Dorothée Akoko Kindé-Gazard est, en effet, Professeur titulaire de parasitologie-mycologie exerçant la pratique médicale depuis une trentaine d’années. Elle a fait parler d’elle d’une manière remarquable entre 2005 et 2006, à la fin du deuxième quinquennat du Général Mathieu Kérékou. C’est l’une des perles, disent beaucoup d’observateurs, que le Général-Président avait pu dénicher en fin de règne et qui a contribué au bilan honorable de cette fin de règne.
En 2006, lorsqu’elle devait céder son poste ministériel à la nouvelle équipe formée par le Dr Boni Yayi élu aux présidentielles de cette même année, Dorothée Akoko Kindé-Gazard avait laissé dans la conscience des Béninois, la marque indélébile du premier téléthon de collecte de fonds pour amplifier la lutte contre le paludisme, le sida et la tuberculose. Cette initiative avait alors généré environ cinq cent millions de dons en équipements et en espèces qui ont permis d’acquérir des moustiquaires imprégnées gracieusement distribuées aux populations, notamment aux mères d’enfants et aux femmes enceintes. Les fonds collectés ont également permis d’acheter un stock complémentaire de médicaments pour la prise en charge des patients atteints de tuberculose et des Anti Rétro Viraux pour les personnes vivant avec le Vih. Dans le contexte béninois d’alors que l’on disait difficile, économiquement, et pour une action inconnue du grand public, c’était une réussite.
Le dernier ministre de la santé de l’ère Kérékou III a également marqué son passage par de très bons scores dans la prise en charge globale du paludisme, du sida et de la tuberculose, l’introduction de nouveaux vaccins dans le Programme Elargi de Vaccination et un management d’une telle fluidité qui a fait dire un jour à l’un de ses cadres « j’ignore comment cette dame arrive à nous faire travailler aussi tard, sans qu’on s’en rende compte ».
Dorothée Akoko Kindé-Gazard a très vite retrouvé ses patients et ses étudiants de la Faculté des Sciences de la Santé qu’elle a continué d’enseigner et d’encadrer à l’occasion de la soutenance de différentes thèses.
Loin de la vie enseignante, le Professeur Kindé-Gazard menait parallèlement différentes activités de terrain, en collaboration avec divers opérateurs institutionnels intervenant dans le domaine de la santé. Cette proximité avec la recherche et les instances internationales de la santé lui a permis de continuer à négocier, pour le compte du Bénin, des financements pour soutenir le secteur de la santé. Ainsi, alors qu’elle n’était même plus ministre en charge de la Santé, Dorothée Akoko Kindé-Gazard a réussi à mobiliser au profit du secteur sanitaire de son pays, des centaines de millions de dollars>

C’est pourquoi, l’on peut dire sans craindre de se tromper que son retour à la tête du secteur de la santé, cinq ans plus tard, est bien mérité.
Dès 2011 donc, aux côtés du Dr Boni Yayi investi d’un second mandat, le Professeur Dorothée Akoko Kindé-Gazard s’est remise au travail, et comme à l’accoutumée, elle renoue avec les initiatives, les unes plus audacieuses que les autres.
Pour marquer son engagement en faveur d’une qualité irréprochable des soins aux patients, elle édite un ouvrage à l’usage des professionnels de la santé pour leur rappeler les bonnes pratiques en matière de prise en charge médicale. Le guide des normes et bonnes pratiques est complété par le guide du patient, à l’intention des usagers des formations sanitaires du pays qu’il sied, selon le Ministre de la Santé, d’informer sur leurs droits et obligations en matière de santé, afin d’obtenir leur participation à la consolidation d’un système de santé performant.
La candidate du Bénin au poste de Directeur régional de l’Oms pour l’Afrique jouit d’une reconnaissance, non seulement au plan national mais également au plan international. Son élévation au grade de Chevalier de la Légion d’honneur de la République française en 2011 est le signe de la reconnaissance du management que le Professeur Dorothée Akoko Kindé-Gazard a mis en place dans la conduite du secteur de la santé au Bénin, ainsi que du leadership dont elle fait preuve.
Cette distinction est appuyée en juin 2014, par la prestigieuse université de Harvard qui lui a décerné, à son tour, le Prix Harvard 2014 des Leaders de la Santé. Il s’agit d’une reconnaissance rare de la part de Harvard dont très peu de dirigeants dans le monde entier bénéficient. Et cette année, ils ne sont que douze (12) Ministres de la santé dans le monde entier à l’avoir reçue.
C’est le slogan que Dorothée Akoko Kindé-Gazard a choisi pour sa campagne au poste de Directeur Régional de l’Oms pour l’Afrique, et ce n’est pas par hasard. En effet, après un an à la tête du Ministère de la Santé, le Professeur de parasitologie-mycologie, comme à son habitude, a initié une opération osée en période de crise économique mondiale, qui a consisté en la collecte d’équipements médicaux au profit des formations sanitaires du pays. L’opération « 120 jours pour équiper les hôpitaux et centres de santé du Bénin » qu’elle a lancée en juillet 2012 a connu tant de succès qu’elle en a déjà fait une action pérenne au profit du secteur en la rebaptisant « Chaque jour pour équiper les hôpitaux du Bénin », parce que le Professeur n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Pour avoir réussi à collecter auprès de partenaires privés et distribuer aux formations sanitaires du pays plus de cinq milliards de francs CFA, soit plus de 11 millions de dollars de dons en équipements, le Ministre de la Santé a décidé de capitaliser la manifestation de solidarité et de patriotisme des partenaires privés qui ont fait preuve d’une grande implication dans le cadre de cette opération qui continue d’enregistrer des dons et intentions de dons.
Dans le département ministériel qu’elle dirige de mains de maître depuis 2011, on raconte que le Ministre de la Santé a en horreur la mise en œuvre d’actions descendantes, c’est-à-dire du niveau central vers la périphérie, qui n’apportent aucune plus-value au secteur. Un cadre de son département rapporte d’ailleurs à ce sujet une phrase récurrente du Ministre : « Qu’est-ce que cette action rapporte concrètement au secteur, à la population, aux citoyens, en termes de mieux-être ? »
Pour financer des actions de son département, le Ministre de la Santé, la candidate du Bénin au poste de Directeur Régional de l’Oms pour l’Afrique multiplie les partenariats avec le secteur privé qui répond bien souvent favorablement. C’est le cas de la fondation Etisalat-Bénin qui a répondu favorablement à la première édition de la campagne de sensibilisation de la population sur les cancers du sein et du col de l’utérus, en octobre 2013. Cette action conjointe du Ministère de la Santé et d’un opérateur privé a permis de parcourir quelques collèges, lycées et universités privés et publics de la ville de Cotonou et de sa périphérie, pour sensibiliser les jeunes sur ces deux maladies. Plus récemment, le Ministre de la santé a lancé une grande campagne nationale de vulgarisation de plaquettes sur l’hygiène et les maladies courantes au Bénin, en impliquant les écoliers, élèves et étudiants qui représentent, selon elle « de véritables acteurs pour une meilleure prise de conscience au sein des familles et de la société en général ».
L’initiative de Financement Basé sur les Résultats qu’elle a fait expérimenter à certaines formations sanitaires, avant de l’étendre à toutes les structures de soins du pays, grâce au financement du Fonds Mondial qu’elle a pu décrocher à cet effet, est un signe d’espoir pour une meilleure qualité des soins. Le Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) qu’elle conduit avec minutie, sous le leadership du Dr Boni Yayi qui en fait, lui aussi, une préoccupation particulière, constitue une réforme majeure dans le secteur de la santé dont l’aboutissement sera à l’avantage d’une meilleure santé de la population.
Le Bénin est évidemment le premier gagnant d’un tel positionnement au Bureau Régional de l’Oms pour l’Afrique. Car, le Directeur Régional de l’Oms pour l’Afrique, au-delà de sa vision qui doit rester large et induire des impacts pour tous les Etats membres, reste d’abord ressortissant d’un Etat et sa fibre patriotique lui impose de regarder, depuis Brazzaville, un peu plus en direction du secteur sanitaire de son pays.
Le Professeur Kindé-Gazard, en sa qualité de Ministre de la santé a déjà, dans ses fonctions, conduit des missions à l’extérieur où elle a clairement marqué son engagement en faveur de la production locale de médicaments à moindre coût pour réduire le fardeau que constituent les médicaments importés d’origine douteuse. Dans son document de campagne, la candidate du Bénin réitère la même volonté de concrétiser cette action, mais dans une vision plus globale et plus consensuelle pour que tous les Etats membres en profitent au mieux. Dorothée Akoko Kindé-Gazard, qui est aussi une scientifique de haut niveau, reste très préoccupée par le volet de la recherche qui n’est malheureusement pas très développée sur le continent. C’est une ambition que l’intéressée nourrit au plan national qu’elle veut amplifier au plan international, à travers une mutualisation des efforts. Le Centre de Lutte Intégré contre le Paludisme qu’elle a créé avec d’autres chercheurs au Bénin, avec l’appui de la coopération française, en est une preuve parmi tant d’autres.
Le continent africain a besoin, dans tous les domaines, autant que dans celui de la santé, de sortir des sentiers battus. Dorothée Akoko Kindé-Gazard est aujourd’hui, parmi tous les candidats en lice pour le poste de Directeur Régional de l’Oms pour l’Afrique, la candidate qui sait le mieux les choix pertinents à faire pour mieux impacter les systèmes de santé. Deux fois Ministre de la Santé, sans aucune étiquette politique, c’est une preuve, s’il en était encore besoin, que l’intéressée ne brille que par sa technicité.
Le gouvernail que lui a confié le Dr Boni Yayi en 2011 reste apaisé depuis lors, alors qu’il avait brillé par des grèves intempestives et sans service minimum durant de nombreuses années, au grand dam de la population. « C’est que Dorothée sait s’y faire », nous a confié un de ses cadres qui rapporte également l’ouverture d’esprit de cette dame, son humilité, son respect de l’autre, sa franchise dans les négociations, mais également sa ténacité face aux difficultés. Fin connaisseur des institutions sanitaires internationales (Fonds Mondial, Gavi, Banque Mondiale et autres) et de l’Oms, la candidate du Bénin au poste de Directeur Régional de l’Oms pour l’Afrique est vraiment « la chance de l’excellence », comme disait Albert Tévoèdjre, ancien Directeur Général Adjoint du Bureau International du Travail.
Les Missions du Directeur régional de l’Oms pour l’Afrique
-  Prendre en compte les principaux déterminants de la santé dans l’élaboration des politiques nationales
-  Généraliser la Couverture sanitaire universelle sur le continent
-  Donner de nouvelles dimensions à la recherche sur le continent
-  Soutenir l’intégration des Nouvelles technologies de l’information et de la communication au Système d’informations sanitaires pour documenter l’évolution des risques sanitaires et les prises de décisions
-  Animer le Partenariat global pour la santé (Hha)
-  Optimiser la Stratégie de coopération avec les pays (Scp)
• Alignement de l’Oms sur les priorités des pays
• Coopération inter-pays (mise en réseau des expertises, documentation et diffusion entre pays des meilleures pratiques) ;
• Poursuite des réformes de l’Oms en cours.

Politiques sanitaires et stratégies médicales proposées par la candidate du Bénin
-  Bonne gouvernance du système, leadership et obligation de compte-rendu
-  Approche « résultats » et multisectorielle de défis sur le continent
-  Renforcement du Système de santé sur le continent
-  Développement de partenariats innovants par le financement de la santé sur le continent.
-  Partenariat Public-privé pour soutenir le secteur sanitaire sur le continent
-  Pérennisation et passage à l’échelle des acquis des Objectifs du millénaire pour le développement et nouveaux défis post 2015
-  Intérêt accru pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, les maladies non transmissibles et maladies tropicales négligées.

  Landry Salanon



15/08/2014
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