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Cameroun : Un leader politique fâché écrit à Paul Biya

 

 

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Ai- Cameroun – « Ladite cellule constituait la poubelle interne des autres gardés à vue et est, la demeure des petits reptiles lézards, cafards, rats et souris avec lesquels nous avons eu maille à cohabiter pendant 23 jours de notre détention arbitraire et secrète »

« Mesdames et Messieurs,

Dans une action judiciaire dont le chef d’accusation qualifié est, tentative d’insurrection en coaction contre le régime de Monsieur Paul Biya au mois de février 2011 par certains leaders des partis politiques et des leaders syndicaux à Yaoundé,

Les services de sécurité de la police sur instructions et directives de leur hiérarchie, ont procédé le dimanche 20 février 2011 vers 19h45mn à notre arrestation par braquage à main fortement armée dans les emprises des syndicats des transporteurs par car et auto bus du Cameroun dont certains responsables desdites organisations avaient sollicité des échanges avec nous (acteurs politiques) dans le cadre des mouvements de protestation pacifique que nous avons envisagé à l’époque en cas de non réaction du Président de la République Paul Biya et son gouvernement à nos revendications et propositions à lui adressées.

Nonobstant l’acharnement contre moi Abba Aboubakar particulièrement visé par ce procès comme étant le chef de fil du mouvement en cause et que je n’ai jamais nié à partir de mes auditions préliminaires dans les services de la police et en se référent sur les termes de mes correspondances ou des rapports y afférents que j’ai produit, je me dois d’apporter brièvement à travers cette note à l’attention de l’opinion nationale et internationale avec copie conforme à Monsieur Paul Biya lui-même, quelques précisions sur cette scabreuse affaire dont l’action judiciaire engagée contre nous reste dénuée de tout fondement par défaut des preuves matérielles relatives aux chefs d’accusation dont je fais l’objet de poursuite avec d’autres acteurs politiques.

En effet, me trouvant gênant ces cinq dernières années face à sa politique de gouvernance avec mes revendications, mes propositions et mes plaintes tant au niveau national qu’à l’échelon international sur les errements et l’inertie institutionnalisée comme mode de gestion de son régime, le président Biya instruisit ses services de renseignement au mois de janvier 2011 de procéder à mon arrestation après une précédente initiative avérée insatisfaite en juin 2010 par un particulier.

Ainsi, le délégué général à la sûreté nationale dû s’en chargé de la mission pour satisfaire et rassurer prestigieusement le grand Tyran national, le Souverain commandeur absolu se considérant comme étant le dieu du peuple qu’il dirige, le roi des rois gouvernants, l’empereur qui croît régner éternellement sur l’empire qu’il ne fait qu’appauvrir davantage, Monsieur Paul Biya s’est arrogé cette image de dictateur dédaigneux par sa gouvernance répressive dans un Etat qui se veut démocratique et de droit.

Par conséquent, monsieur Martin Mbarga Nguelé dans ses humeurs par rapport aux commentaires de la rue, a organisé des indics parmi des citoyens désœuvrés clochardisant auprès des hauts responsables de l’administration publique ou privée de bureau en bureau pour des besoins d’assistance financière à leur subsistance, prétextant être des journalistes aux fins des salles besognes d’infiltration des lieux de réunions politiques où à domicile comme dans mon cas, pour m’épier à la lettre jusqu’au moindre regard dans le but de mon arrestation.

Recueillant des renseignements ciblés à travers son indic qui s’appelle Nkoma Augustin avec qui je me suis accommodé en le prenant pour un journaliste du journal le messager l’un des plus grands quotidiens privés Camerounais dont-il m’avait laissé entendre qu’il y servait en compagnie de son acolyte Poumbot Mbélé Alfred, leur mission était plutôt de suivre mes mouvements dans la ville de Yaoundé ce jour du dimanche 20 février 2011 non ouvrable au Cameroun pour les services publics mais, libre aux réunions selon les circonstances donc les interpellations ou arrestations suivent les règles définies dans le code de procédure pénale Camerounais. Le délégué général à la sûreté nationale monsieur Martin Mbarga Nguelé, les a bafouées en instruisant la Dst (la direction de la surveillance du territoire) pour nous arrêter mieux dire, nous enlever.

Il faut savoir que, la dst est l’une des unités d’élite de la police Camerounaise exerçant bizarrement en tenue civile dans les grandes opérations d’espionnage et ayant la compétence d’anti-terroriste et de lutte contre le grand banditisme à main armée.

Ainsi défini dans ces missions, il y a lieu de comprendre les intentions de monsieur Martin Mbarga Nguelé par rapport à son choix porté sur cette unité spécialisée au mal… d’avoir à charge d’arrêter les hommes politiques œuvrant librement dans leur domaine d’activité un week-end s’entend ?

Comme pour adouber leur méthode de répression, ces éléments de la dst, probablement sur instruction de leur hiérarchie messieurs Paul Biya et Martin Mbarga Nguelé, après nos auditions sans interruption pendant deux jours durant, nous ont soumis à la rude épreuve de garde à vue atroce en nous dispatchant dans plusieurs commissariats de la ville de Yaoundé d’où je me suis retrouvé ensemble avec monsieur Essomba Urbain Liboire dans l’une des cellules vétustes et extrêmement salubre de la direction de la police judiciaire à Elig-Essono Yaoundé .

Ladite cellule constituait la poubelle interne des autres gardés à vue et est, la demeure des petits reptiles lézards, cafards, rats et souris avec lesquels nous avons eu maille à cohabiter pendant 23 jours de notre détention arbitraire et secrète.

En nous rompant de tout contact extérieur ni ne dévoilant pas nos lieux de détention à qui que ce soit, que d’arrestation de quiconque insistait rencontrer l’un d’entre nous, et en nous alimentant chacun d’un pain, d’une boîte de sardine et d’une bouteille d’eau tangui comme ration journalière chaque 22h seulement et pendant 15 jours consécutifs, il y avait lieu de voir derrière cette détention arbitraire, l’intention délibérée de nous anéantir physiquement.

En ce qui me concernait Abba Aboubakar particulièrement visé par cet enlèvement, c’est de peu que j’ai échappé à l’exfiltration nocturne de la cellule pour mon élimination physique voire un peu comme le cas du défunt Floribert Tchebeya en République Démocratique du Congo et des autres cas d’assassinats des leaders politiques et des leaders d’opinions restés secret d’Etat dans des pays voisins du Cameroun et d’Afrique de l’ouest. Malgré tout, j’ai fait l’objet d’empoisonnement avec monsieur Essomba Urbain Liboire par fumigène à nous infusé à travers des ouvertures souterraines vers 3h du matin successivement pendant trois jours à la direction de la police judiciaire lors de notre garde à vue dans une cellule hermétiquement fermée par devant témoins. Je souffre déjà en ce moment dans mon organisme des effets nocifs du produit utilisé à cette fin. Dans cette perspective, le souvenir des 09 disparus de Bependa à douala et de bien d’autres cas d’assassinats pour des faits banals par ce régime y revient.

Je tiens à préciser que: Moi, Abba Aboubakar né le 26 juin 1970 à Ngaoundéré, fils de feu Hamoa Hamadou et d’Aïssatou, citoyen Camerounais que je suis comme tout autre, « je n’ai pas du tout peur de la mort. » ni peur de mourir pour mon option et opinion politique car, dans ma vie, j’ai déjà presque tout vu et subis. Ainsi, j’ai réalisé dans ma conscience que : l’Homme une fois né, est un mort qui agit dans la nature. Ce d’autant que tout individu est mortel à la limite. Cependant, chercher à ôter prématurément la vie d’un être humain de manière odieuse, lâche ou par omission volontaire, ne peut relever que d’initiative des personnes débiles qui, selon elles, ne croient jamais mourir.

Pourtant, le souci que j’ai avec Monsieur Paul Biya depuis 2009, est facilement résolvable ! Il résulte des échanges entre gouvernants et gouvernés se traduisant notamment par le dialogue entre l’opposition, la société civile et le gouvernement. Cette préoccupation au dialogue dont j’ai tant souhaité par écrit avec des propositions adressées au Président de la République, sont demeurées lettres mortes. Or, elles interpellent la situation des institutions prévues dans la constitution du 18 janvier 1996 qui demeurent inopérationnelle à savoir : le sénat, le conseil constitutionnel, la haute cour de justice et les conseils régionaux partant du respect des lois et règlements, des Chartes et conventions internationales ratifiées par la République du Cameroun. Sans oublier le problème des députés décédés au cours de la présente législature qui n’ont jamais été remplacés conformément à la loi.

Eu égard à ce qui précède, l’histoire retiendra que, c’est grâce au respect de la constitution, des lois et règlements du Cameroun par Monsieur Ahmadou Ahidjo premier président de ce pays, que Monsieur Paul Biya fut promu au poste du Président de la République le 06 novembre 1982 sans guerre ni effusion de sang avec pour nom du baptême, « le renouveau national. » Par voie de conséquence, Monsieur Paul Biya se doit à son tour, de respecter scrupuleusement la sacro-sainte « constitution » émanation du peuple souverain qui a fait de lui ce qu’il est depuis près de 30 ans aujourd’hui sous peine d’être rattrapé par celle-ci.

Au terme de nos arrestations de février 2011, et les confiscations de mes biens par le pouvoir public qui s’en sont suivies, j’éprouve depuis lors, d’énormes difficultés pour assurer au quotidien l’entretien de ma petite famille, marié et père de 05 enfants. Cela démontre à suffisance, l’acharnement de Monsieur Paul Biya et certains de ses collaborateurs sur ma personne en raison de la dénonciation ciblée de sa mal gouvernance. En somme, je n’y fléchirais point dans ma logique.

En reportant les élections législatives et municipales de 2012 pour cause des anomalies contenues et honteusement constatées dans les listes électorales sans clarification du prochain calendrier électoral, Monsieur Paul Biya est passé aux aveux de l’échec de son système de gouvernance. De ce fait, il a compromis sa légitimité au poste du président de la république en raison de ces mêmes listes électorales décriées avant l’élection présidentielle d’octobre, dont-il s’est entêté à s’en servir pour sa réélection dans des circonstances déplorables afin d’y revenir lui-même les remettre en cause quatre mois plus tard. Ajouter à cela sa violation de la loi sur le non remplacement des députés décédés à l’Assemblée Nationale au cours de la présente législature arrivée normalement à son terme, son serment devient hypothétique pour parjure.

C’est pourquoi, j’appelle les Camerounais à la vigilance, de rester mobiliser et confiant en leur avenir, d’éviter de se faire distraire par des actions ou discours irrésolus, que chaque Camerounais face montre d’humilité dans un esprit d’unité, de communion d’effort, du dépassement de soi contre toute adversité qu’impose notre environnement, de dépassionner également le débat sur le repli identitaire car, l’heure de la vérité va bientôt sonner et en ce moment, un Camerounais en vaudra un autre quelque soit le statut social des uns et des autres. En un mot comme tout, SOYONS des frères et sœurs dans l’amour de notre patrie.

A Monsieur Paul Biya lui-même qui reçoit parallèlement cette note à travers l’adresse e-mail de la cellule de communication de la Présidence de la République du Cameroun ou par d’autres voies,

Je dis : Monsieur le Président, lorsque vous accédiez providentiellement au pouvoir suprême de l’Etat le 06 novembre 1982, je devine votre immense émotion à cette époque. Certes, elle s’est traduite dans les faits, grâce à la volonté de celui que vous-même avez reconnu en son temps comme étant votre illustre prédécesseur, feu Ahmadou Ahidjo. Mais alors, ce dernier observait rigoureusement le bon fonctionnement des institutions par rapport à la loi fondamentale qui vous a servi comme base électorale pour accéder au pouvoir, c’est-à-dire la « constitution. »

L’histoire du caractère dithyrambique de cet homme, versant parfois dans un hystérisme magistral lorsque l’intérêt du peuple est biaisé par ses collaborateurs, feu Ahmadou Ahidjo votre prédécesseur que vous connaissez mieux que moi qui suis de la génération de votre fils aîné, n’avait ménagé aucun effort dans votre carrière jusqu’à la successorale.

En plus, lorsque vous êtes arrivé à la tête de l’Etat, aucune goûte de sueur ni du sang n’ont coulé sur personne. Surtout, des pertes en vies humaines n’avaient été enregistrées nulle part. Avec toutes mes affabilités qui vous sont dues, je dirais que cela relève du respect des lois par ce défunt dirigeant qui aimait son pays et son peuple tant bien que mal.

D’où vient-il alors Monsieur le Président, qu’à votre tour, après 30 ans au pouvoir que vous-vous accommodiez encore avec les violations flagrantes des lois sans parvenir depuis 16 ans à mettre les institutions prévues dans la constitution en place ? Que des récurrences des promesses dans les discours accentuant des détournements de fonds publics tous azimuts et des enrichissements illicites par vos collaborateurs comme mode de gouvernance de votre régime ?

Monsieur le Président,

Sans m’attendre à votre réponse, lorsque vous manipulez les services de sécurité et judiciaire contre vos contradicteurs politiques dont j’en suis l’un, en qualifiant mes revendications de tentative d’insurrection contre vous, au regard du cynisme à tout rompre au dialogue, à quelle époque renvoyez-vous alors la démocratie et les droits de l’homme au Cameroun ?

Ayant observé attentivement la direction dans la quelle vous avez orienté la barque Cameroun pour nous mener et constatant déjà la dérive amorcée malgré mon petit apport à votre fameuse réélection en octobre 2011, et pour sauver notre pays de l’essentiel, je vous oppose dès cet instant, mon programme intitulé : « Convergence sociale pour le développement » en abrégée "CSD" contre votre slogan des « Grandes Réalisations » que je n’arrive toujours pas à comprendre de quoi il est question exactement ? Pour ma part, la csd se veut programmatique, en termes d’actions à mener, la matérialisation des projets y tient sur le facteur temps en vue de la redistribution des richesses par de multiples investissements. La csd, entend repenser profondément et fondamentalement le système de fonctionnement de nos institutions et l’harmonisation des mécanismes de la démocratie du Cameroun au contexte de la modernité.

Sur le plan économique, la convergence (csd), vise la redéfinition d’une nouvelle base du développement économique en la réévaluation à la hausse de salaires des personnels de la fonction publique et para publique comme étant l’une des sources fondamentales de la vie du peuple. L’objectif visé est l’amélioration de l’étendard de vie des Camerounais en la projection de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2025 quelque soit le régime qui sera élu au pouvoir même si c’est le RDPC (bis). Cela dit, 10 ans de moins que vos prévisions de 2035. Bref, ce programme ne saurait être totalement détaillé dans ce cadre.

Monsieur, vous avez négligé et oublié que le déficit du dialogue entre les différents courants idéologiques, est un facteur des conflits politiques dans un Etat qu’imposent la démocratie et les droits de l’homme universel.

En conclusion, je remercie tous ceux et toutes celles, d’une manière ou d’une autre, qui contribuent à l’expression de la véritable démocratie et pour la primauté des droits humains au Cameroun. Enfin, je prends à témoin la communauté nationale et internationale sur la situation ambigüe des institutions du Cameroun par rapport à la constitution de ce pays.

Par Abba Aboubakar, leader politique



17/07/2012
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