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BENIN:Poursuites judiciaires annoncées contre quelques personnalités : Le procès du siècle au Bénin

 

 

Plusieurs personnalités pourraient être poursuivies devant la justice dans l’affaire Révocation du Maire de Cotonou. Ce devrait être le plus grand procès jamais organisé au Bénin si le gouvernement de Patrice Talon en arrive à mettre en exécution cette décision prise en conseil des ministres.

Le gouvernement ne compte faire aucune concession dans ce qu’il convient de nommer affaire Révocation du Maire Cotonou. Plusieurs personnalités pourraient bien répondre de leurs actes devant les tribunaux. L’ancien président de l     République, Nicéphore ; Soglo, l’ancienne première dame et députée, Rosine Soglo ; l’homme d’affaires Sébastien Ajavon ; l’ancien ministre et ancien maire, Sévérin Adjovi ; l’ancien ministre et ancien député, Candide Azannaï ; l’ancien ministre et ancien député Bernard Davo ; l’ancien député Maxime Houedjissi, les acteurs politiques Léonce Houngbadji et Loth Houenou, les avocats Robert Dossou et Sadikou Alao, le journaliste Editorialiste Vincent Foly et bien d’autres pourraient  s’expliquer devant la justice pour avoir apporté leur soutien à Léhady Soglo le soir du 28 juillet 2017 dans le cadre de la perquisition de son domicile après la séance de son audition et de sa suspension respectivement par le préfet et ministre de la Décentralisation. Le Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou abordait le sujet le samedi 29 juillet, le lendemain des faits, lors d’une conférence de presse. L’ancien avocat de Patrice Talon, avait en effet  déploré le ballet desdites personnalités au domicile de l’ancien maire de Cotonou, en pleine enquête judiciaire. Selon lui, il s’agit d’une entrave ou d’une « obstruction » au bon fonctionnement de la justice. Le ministre de la Justice, Joseph Djogbénou s’est même voulu menaçant en laissant entendre qu’à l’avenir de tels actes seront   punis dans « la rectitude » de la loi. Le dimanche 30 juillet, le Chargé de mission du président de la République pour les affaires de sécurité intérieure, l’Inspecteur général de Brigade, Nazaire Hounnonkpè a renchéri les propos de Me Djogbénou. Il a martelé sur Canal 3 Bénin que les soutiens de Léhady Soglo peuvent se voir appliquer l’article 137 de la loi n° 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre  la  corruption et autres infractions connexes en République du Bénin. Trois jours après, le Conseil des ministres fait une grande annonce. En effet, dans le relevé du Conseil des ministres du 02 août 2017, on peut lire à propos de  la situation à la Mairie de Cotonou : « Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la législation, en liaison avec le ministre de l’Economie et des finances, est instruit de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue des poursuites judiciaires appropriées contre les supposés auteurs, co-auteurs et complices des infractions relevées dans la gestion de la Mairie de Cotonou ainsi que les auteurs de l’obstruction à la perquisition ». L’annonce faite, ce sera une grande première, puisque le même procès réunira un ancien président de la République, des députés, des politiques, l’une des grandes fortunes du Bénin et peut-être des journalistes aussi. Certes, la loi  interdit l’entrave au fonctionnement de la justice. Mais Patrice Talon et son régime oseront-ils faire organiser ce procès dans un contexte sociopolitique aussi tendu? La tenue de ce procès permettra-t-elle d’améliorer le quotidien des Béninois? Patrice Talon  franchira-t-il vraiment le Rubicon?

 

Créer la zizanie…

La décision d’organiser des poursuites judiciaires contre des personnalités serait-elle un ballon d’essai ? Ceux qui répondront par l’affirmative n’auraient pas tort en tout cas. Et pour cause. Une fois l’annonce faite et les commentaires intervenus dans l’opinion publique, sur les réseaux sociaux, certains thuriféraires et commis du pouvoir ont tenté d’écrire que le chef de l’Etat a pris de la hauteur et serait prêt à abandonner lesdites poursuites. L’information n’est pas encore confirmée. Même si c’était vérifié, le canal choisi pour le faire n’est pas proportionnel au Conseil des ministres qui est une instance officielle et sacrée. C’est donc à raison que beaucoup estiment que de tels écrits constituent des manœuvres pour distraire le peuple. Aura-t-il ou n’aura-t-il pas lieu, ce procès du siècle ? De toutes les façons, le compétiteur né n’a pas affiché officiellement une volonté d’abandon. Les jours à venir nous édifieront

 

M M   

 

 



08/08/2017
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