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BENIN: Yayi rejette la création d’un poste de 1er ministre (Déjà une violation du discours d’investiture)

Le 06 avril 2011, aussitôt après son investiture pour un second mandat, le chef de l’Etat s’adressant aux Béninois avait annoncé la création d’un poste de premier ministre dans son prochain gouvernement. Environ un mois et demi après, c’est déjà la volte-face. Boni Yayi n’entend plus aller dans cette logique, d’où plusieurs interrogations.

  

Plus un poste de premier ministre ! Voilà la nouvelle donne au niveau du chef de l’Etat. En tout cas, ce dernier n’a plus l’intention de créer un tel poste, même si certains croient que ce sera la solution aux nombreuses incohérences constatées ces cinq dernières années au sein de l’appareil gouvernemental. Le sujet a fait l’objet de débats nourris ces derniers jours, mais Boni Yayi, selon des sources très crédibles, aurait fini par trancher. Il n’en veut plus. Sans toutefois donner les réelles raisons de cette volte-face, il se contente de dire, et ceci, à juste titre qu’aucun texte ne l’oblige à le faire. Seulement, il y a là tout de même quelque chose qui choque si réellement dans le prochain gouvernement, très attendu d’ailleurs, aucun poste de premier ministre n’est envisagé. Pourquoi alors avoir annoncé cela sans cerner les contours de la question ? Les analyses à l’instant «T» où le chef de l’Etat faisait cette option ne tiennent-elles plus ? On est en droit de s’étonner dans la mesure où personne normalement ne peut imposer une telle option à un chef d’Etat. C’est le chef de l’Etat même qui l’a dit et sans l’avoir expérimenté une seule fois, il y a déjà revirement. C’est dire clairement que tout ce qui est annoncé ce 06 avril 2011 comme actions à mener peut être remis en cause d’un jour à l’autre.


Aucune politique d’ouverture


Les choses semblent en tout cas se préciser pour ce second mandat de Boni Yayi. La première impression qui se dégage est qu’entre les discours et la réalité, il y aura un grand fossé. Le top est déjà donné du côté du parlement où beaucoup de députés ne cachent plus que le chef de l’Etat ne veut faire aucune politique d’ouverture. Au contraire…. Une réalité qui ne s’appliquera par seulement à l’opposition, mais aussi à la mouvance. La preuve est que si le chef de l’Etat devrait respecter la parole donnée, certainement que ce premier ministre ne proviendrait pas des rangs de l’opposition. Pourquoi alors avoir dit une chose hier et ne pas être prêt à l’assumer aujourd’hui ? Cela pose simplement un problème de confiance. Au-delà, on peut dire qu’ayant obtenu son second mandat, Boni Yayi ne veut plus comporter comme quelqu’un qui est redevable vis-à-vis de qui que se soit. Il veut montrer son vrai visage à son entourage. Une option qui naturellement ne sera pas sans conséquences non plus pour lui car ce qu’il faut le plus éviter, c’est qu’on dise d’un premier magistrat qu’il ne fait se pas ce qu’il a dit. Un chef est avant tout un homme de parole. Quand il dit il le fait quoi que cela puisse lui coûter. Attendons de voir si réellement le chef de l’Etat fera sa (dernière) volonté ou respectera sa promesse du 06 avril 2011.



25/05/2011
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