L'EVEIL DE L'AFRIQUE

Jeu 24 Nov 2011 Lutte pour la conquête du pouvoir en 2016 : Koupaki-Nago, la guerre dans l’ombre (4 com.)

Ils sont tous deux proches du Chef de l‘Etat et ont des profils pointus dans les domaines d’activités qui sont les leurs. L’un est premier ministre, l’autre président de l’Assemblée nationale. Mais depuis, ils semblent nourrir la même ambition politique: remplacer leur mentor Boni Yayi. Si le premier paraît subtil et timoré dans ses ambitions, le second l’est moins. La guerre, froide pour le moment, s’annonce rude. 2016, c’est encore bien loin. Mais pour les hommes politiques qui rêvent de la Marina, c’est déjà l’heure des premières escarmouches. Comme c’est la première étape d’un combat qui s’annonce rude et long, personne ne s’adonne encore aux provocations verbales ni aux «délits de gueule» encore moins aux manœuvres politiciennes. Tout se joue sur les images. Chacun y va de ses atouts et de sa promptitude pour se rapprocher de Boni Yayi, l’essentiel étant de s’afficher publiquement comme le plus proche, le plus écouté et le plus apprécié du Chef de l’Etat. Dans ce registre, c’est Mathurin Nago qui joue à la vedette. Il ne manque aucune occasion de s’exposer ainsi comme l’homme de première main du président Yayi. Lors de la visite du Pape Benoît XVI au Bénin, il était souvent présent aux côtés de ce dernier et a eu plus de conciliabules avec le Chef de l’Etat que quiconque. Pascal Irénée Koupaki, premier ministre et premier collaborateur de Yayi au gouvernement s’est montré plus discret. C’est à de rares occasions qu’on l’a vu en compagnie du président Yayi. Si personne n’est surpris de ce rapprochement au regard du titre de deuxième personnalité de l’Etat qu’occupe le président de l’Assemblée nationale, il n’en demeure pas moins que les constants et fréquents contacts entre les deux hommes posent un autre problème. Ils semblent confirmer les rumeurs d’une complicité suspecte entre l’exécutif et le législatif. Mais là n’est pas le problème. L’éclipse de Koupaki n’est pas un fait de hasard. Il semble bien être le fruit d’un plan concocté depuis des mois pour l’affaiblir.

Abattre Koupaki après l’avoir exposé

Courant le dernier semestre de l’année 2010, alors que le pays est gagné par la fièvre électorale et que Yayi craignait énormément pour sa réélection à cause de la forte persécution de l’opposition, une folle rumeur gagne la majorité présidentielle: Koupaki serait le dauphin désigné de Boni Yayi, celui qui va le remplacer en 2016, après son dernier mandat. La même rumeur précise que c’est le Chef de l’Etat lui-même qui l’a dit. Du lieu, de l’occasion et de la période de cette importante décision, personne n’en sait rien. Lorsque Yayi rempile par K.o au 1er tour, on s’attendait à ce que Koupaki soit promu premier ministre. On était à mille lieues d’imaginer que Koupaki accepterait ce cadeau «empoisonné». Nommé premier ministre, son ancien portefeuille ministériel sera ainsi vidé de son contenu. Il ne s’occupera désormais que la coordination de l’action gouvernementale, chose dont Boni Yayi s’occupe lui-même à merveille, déjà. Reste l’évaluation des politiques publiques: rien d’important à se mettre sous la dent. Au finish, Koupaki a perdu progressivement sa notoriété au sein du gouvernement. De plus en plus absent de la scène médiatique, sa côte de popularité a chuté au profit de celles des ministres du développement rural et, celui des affaires étrangères mis fréquemment sous les feux de la rampe pour leurs activités sectorielles. Au moment où Koupaki tombe progressivement en disgrâce, c’est Nago, entre temps reconduit à la tête de l’Assemblée nationale, qui monte. Selon des indiscrétions, Mathurin Nago a une forte emprise sur le gouvernement avec quelques portefeuilles. Pour corroborer tout, son épouse est nommée directrice de cabinet dans l’un des plus importants ministères du pays. Dans cette guerre froide pour la conquête victorieuse du «dauphinat», Yayi semble s’y plaire dans la rivalité diffuse et souterraine entre les deux hommes. Il semble même donner libre court à celle-ci dans l’espoir de mieux affaiblir ses deux challengers. Pendant ce temps, le vrai dauphin attend dans le corridor du palais de la Marina. Serein et confiant.



24/11/2011
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