L'EVEIL DE L'AFRIQUE

Conférence fait par le Fondateur du MouvementMOUVEMENT PANAFRICAIN DES ETUDIANTS D'AFRIQUE ET DE LA DIASPORA lors de la Journée Culturelle DE l'éveil de l'AFRIQUE du le 12 aout 2010 Thème : "Etats Unis d’Afrique : Utopie ou Réalité"

Aujourd’hui, l’heure est grave, la situation est pénible et complexe. L’Afro pessimisme prend du pas en altérant la mentalité de l’Africain et entravant son progrès. En quelque sorte, l’Africain est dominé par un sentiment d’abandon et de recul face à l’avenir et au devenir, à tel point que, lorsqu’on parle des États-Unis d’Afrique, les pessimistes et les septiques crient à l’utopie et au rêve. On penserait que les africains, dans leur nature, ne sont pas faits pour s’unir. Cette analyse est le comble de l’ignorance totale, car ils oublient que l’Union est un principe fondamental inventé par les Africains de l’Égypte antique…

À l’heure de la mondialisation, alors que partout ailleurs, on fredonne l’hymne de l’intégration, l’Afrique bégaie encore et traîne piteusement les pieds dans le bourbier du séparatisme, du clanisme, de l’ethnicisme, de l’égoïsme, du nationalisme exacerbé, de la mauvaise gouvernance, des rébellions, de la guerre civile, de la dictature, de la violation des droits de l’homme, de l’altération de la constitution, des fraudes et violences électorales, des pratiques traditionnelles néfastes (excision)...

Avec les indépendances des années 1960, les pays africains se sont laissés prendre au piège de la balkanisation, en s’efforçant de faire face aux défis économiques et sociaux individuellement, malgré les interpellations du Grand Docteur Kwame N’Krumah (paix à son âme), Président du Ghana, à l’époque, qui disait, dans son discours en 1963, à Adis Addis-Abeba (Éthiopie), au lendemain des indépendances : «...Rien ne pourra nous servir, en dehors d’une action commune exécutée par une Afrique Unie. Aucun État africain indépendant n’a aujourd’hui, par lui-même, la possibilité de suivre une voix indépendante de développement économique… ». Dès lors à nos jours, le sous-développement, le tiers et quart monde sont devenus les nouveaux noms donnés pour exprimer les misères du peuple africain...

Nous voici de nouveau, un demi-siècle après les indépendances, brandissant l’étendard du Grand Rêve des États– Unis d’Afrique. Et si le rêve tarde à se réaliser, malgré tant d’efforts et de grandeur dans le combat, c’est qu’en dehors du fait que certains responsables politiques ont peur d’accomplir l’acte qu’ils considèrent comme un sevrage économique; ce grand rêve a toujours été, par le passé à nos jours , l’apanage exclusif des intellectuels et des hommes d’états africains. Mais aujourd’hui, au cours de ce 3ème millénaire, il faut que le débat redescende à la base, que les masses populaires et les différentes couches sociales d’Afrique s’approprient le projet des États- Unis d’Afrique, car leur adhésion au projet est gage de son succès. Engagement populaire, gage de réussite…

La bataille pour les États Unis d'Afrique est la seule qui vaille pour notre génération, la seule capable d'apporter des réponses aux mille problèmes des populations africaines". Les Etats-Unis d’Afrique" pourraient aider à assurer le développement des pays africains les plus petits et les plus faibles et le continent dans sa totalité. Les problèmes de l’Afrique ne peuvent être résolus de façon isolée, nous avons besoin d’intégration. Nous avons besoin de solidarité. La conscience, qui est en train de se développer sur le continent, de la nécessité d’une intégration et d’une solidarité n’est pas une menace pour la souveraineté nationale mais plutôt une opportunité permettant de faire face aux réelles menaces à la souveraineté... »

En réalité, le véritable obstacle à l’unité de l’Afrique, aujourd’hui, est l’impréparation de certains dirigeants à une telle perspective. Peu de chefs d’États, de nos jours, sont prêts à se couler dans le moule global de l’unification au risque de perdre certaines de leurs prérogatives. Chacun préfère régner même sur une minuscule bande de terre ingrate et sur une population affamée que de déléguer une partie de son autorité…

Toujours, dans notre élan pour démontrer que la création des États- Unis d’Afrique n’est pas un rêve utopique, il nous suffit, tout simplement, de nous référer aux grands empires de l’Afrique précoloniale (l’empire du Mali, du Ghana, de Songhaï…) et nous comprendrons que les Empereurs africains de cette époque avaient une expérience politique extrêmement mûre, plus étendue, et même une forme d’organisation sociale plus avancée comparativement à nos jours, vu l’administration et la gestion des grands empires, qu’ils dirigeaient dans la prospérité et dans le bonheur. Il faut noter que ce sont les puissances impérialistes qui, par le fait de l’esclavage, de la conférence de Berlin, de la colonisation, ont désorganisé toutes les formes d’administration socio politique, socio culturel et socio économique de l’Afrique. Et, de nos jours, ils continuent regrettablement d’œuvrer dans ce sens, par le truchement du néocolonialisme, de l’eurocentrisme et par le biais de certains chefs d’états Africains marionnettes et fantoches.

Aujourd’hui, les échecs de tentative de la reconstitution de l’Afrique en une unité, d’une part, sont les fruits du nationalisme exacerbé, de l’égoïsme et de la mauvaise foi de certains chefs d’États africains, qui préfèrent sacrifier l’intérêt commun à l’intérêt personnel et d’autre part, aux manœuvres des puissances impérialistes ayant pour credo diviser pour régner. La relecture de l’Histoire des Grands empires de l’Afrique précoloniale démontre que la création des États unis d’Afrique est possible, car, l’Africain dans sa tradition, a la notion de vivre ensemble, l’art de vivre dans la globalité au delà des frontières artificiellement créées par les colons, lors de la conférence de Berlin.

La vie dans la globalité demandait certaines qualités : l’amour du prochain, le savoir vivre et faire, la cohabitation et la coexistence pacifiques, l’hospitalité, le respect du prochain, la bonne éducation, le rejet du racisme, de la xénophobie, du tribalisme et toutes ces qualités humaines étaient insérées dans la nature de l’Africain précoloniale. C’est avec ces vertus et qualités que Soundiata Keita, le grand empereur du Mali (à l’image d’Alexandre le Grand) a pu gouverner dans la prospérité l’empire du Mali. Il faut noter que ce vaste empire, de nos jours, est presque à l’image de la CEDEAO, qui était composé de 16 pays de l’Afrique de l’Ouest. Les empires précoloniaux Africains, malgré leurs grandes étendues, étaient bien gouvernés, bien structurés et bien administrés, contrairement, à nos petits états actuels où règnent les rébellions, les guerres civiles, les génocides... Ces réalités démontrent que les rois et les empereurs africains possédaient des vertus et des qualités inestimables (la sagesse, l’intelligence, l’esprit de la bonne gouvernance et de la bonne gestion des ressources humaines et économiques) qui manquent fortement, aujourd’hui, à certains de nos décideurs politiques, symbolisant la dictature, la corruption, la mauvaise foi, l’égoïsme ...

Il suffit, tout simplement, à nos chefs d’États contemporains, d’avoir les mêmes sagesses que nos grands empereurs de l’Afrique précoloniale, pour que les États-Unis d’Afrique, comme un bâton magique, passent du rêve utopique à la réalité. Malheureusement, les qualités qu’avaient ceux-ci ont été abandonnées au profit de l’égoïsme, de la xénophobie, du tribalisme, du racisme, de la haine et du mépris du prochain. M ême à l’intérieur de certains petits pays comme le Rwanda, le Burundi, le Libéria et aujourd'hui, le Kenya et le Mozambique, les ethnies n’arrivent plus à coexister de manière pacifique.

La relation amicale entre les ethnies qui était basée sur le Sinakouya (alliance entre différents Tribus) a disparu. Les politiciens et les intellectuels Africains ont abandonné les valeurs positives et nobles de nos grands empereurs précoloniaux, pour épouser le machiavélisme, l’une des valeurs négatives de l’occident (diviser pour régner).

Il est temps que nous, africains du 3ème millénaire, arrivions à tirer des leçons, en suivant les exemples de nos grands empereurs tels que Soundiata Keita, Askia Mohamed et autres qui, par leur sagesse, ont pu gouverner et administrer de grands empires, malgré les divergences raciales, ethniques, culturelles, religieuses et géographiques. Ils ont pu unir tous ces peuples différents, dans la globalité, pour construire des empires puissants et prospères.

En vérité, il est temps que les chefs d’États africain du 3ème millénaire réhabilitent ces caractères, ces qualités et ces vertus de nos grands empereurs pour notre propre bonheur, car c’est l’union fait la force.

En somme, nous disons à ceux qui seraient tenter de croire, Africain, Européen ou autre, que les États-Unis d’Afrique est un rêve utopique font grandement erreur et preuve d’ignorance. L’union est un principe fondamental de l’Afrique. Aujourd’hui, l’Africain a tort de désespérer et de se croire inférieur. Les autres nations, énormément, font preuve de petitesse d’esprit, en reléguant l’Africain au rang de sous-homme, car, ce comportement rétrograde serait une ingratitude manifeste envers ce continent, qui a gouverné les premiers pas de l’humanité.

A l’intention des Africains, nous disons: « Si les Nations africaines veulent réellement obtenir leur juste place parmi les autres Nations du monde, si elles veulent vraiment être prospères et décolonisées, elles doivent tout faire pour aboutir aux Etats-Unis d'Afrique qui passent incontournable par la destruction de toute trace de la colonisation de la mentalité et de l’esprit de l’Africain du 3ème millénaire.»

Vive les Etats-Unis d’Afrique du 3ème millénaire!

 


26/06/2011
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