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Ma vision de la diaspora contribution au theme Les Diasporas africaines et le développement du continent





Ma vision de la diaspora par Andre Ekama, Ecrivain Camerounais

Avec la globalisation l’Afrique rencontre un majeur problème de fuite de ses cerveaux vers l’Eldorado occidental.
Beaucoup d’académiciens, d’ingénieurs, médecins, artistes font aujourd’hui partir de cette diaspora. Ils y donnent leur génie pour l’avancée de la science et de la culture des pays qui les accueillent. Mais seulement en Afrique l’on attend encore qu’ils y apportent leur pierre au développement du continent.

Certes ils revendiquent toujours leur appartenance à l’Afrique malgré leur éloignement du berceau de leurs ancêtres.
Un retour n’est peut-être pas trop vite en vue pour des raisons professionnelles ou des problèmes souvent liés à une réinsertion sans risque.

Mais la mondialisation ne fait plus de préjudice à cela car l’on peut aider partout où l’on se trouve pour le compte de l’humanité. Si les barrières sont entrain de disparaître pour le compte des unités élargies, des groupes de pays, il s impose aussi une nouvelle façon de considérer ses rapports avec ses origines.
Devrait-on penser à une renaissance de nos valeurs culturelles et identitaires quand on est éloigné d’elles ? Sommes-nous enfin conscients que sans elles aussi nous ne pouvons pas mieux affirmer notre pensée africaine pour imprégner notre marque dans le développement ?

Autrement dit allons nous d’abord retourner vers la source, mettre un terme à toutes les influences externes pour reprendre notre destin en main ?
Allons-nous d’abord nous réapproprier de notre manière d’être pour nous affirmer dorénavant par notre patrimoine ?

La diaspora est aussi en quête des repères. Elle veut démarrer mais se trouve à la croisée des chemins entre la modernité et les traditions, entre l’énorme écart technologique de leurs pays d’adoption et le manque des besoins élémentaires dans leurs pays d’origine.

La science évolue tellement vite que la diaspora a aussi du mal à intégrer cette donne de frein au progrès dans son calendrier évolutif. Elle s’arrime aux outils modernes, se familiarise avec elles et surtout la maîtrise avec espoir de les importer aussi vers le continent d’origine.
Mais quand elle s y rapproche, des voix se lèvent encore pour lui rappeler que nos besoins sont encore primaires parfois même précaires.

Comment parler des NTICS à un enfant qui ne veut qu’une ration alimentaire régulière ?
Comment parler des scanners à un malade qui ne veut que des soins de pansements ?
Comment parler du bien fondé du lait à une famille qui ne veut que de l’eau potable à la maison ?
Ou encore comment parler des démocraties, des libertés et des droits de l’homme aux personnes qui cloitrent dans la peur de se voir opprimés dans leur propre environnement par des forces de l’ordre, muselant ainsi les chantages aux « régimes véreux » ?

Il y a tellement de paradoxe qui s’orchestre dans la pensée bipolaire entre la diaspora qui veut copier ce qu’elle voit pour la ramener dans sa source.

Seulement loin de tout désespérément il y a une diaspora active et consciente qui ne voudrait pas oublier d’où elle vient et se rapproche d’elle par des actions constructives d’assistance humanitaire.
Elle y contribue aussi par des transferts d’argents pour soutenir des familles dans l’éducation et la santé, dans la couverture des besoins fondamentaux pour ainsi dire elle devient enfin et de fait cette « SECU », sécurité sociale pour ses proches là qui n’ont pas d’assurance sociale dans le pays parce que nos états sont loin de les intégrer dans leur conception du bien être des citoyens.
Mais alors que font aussi ceux qui n’ont personne dans cette diaspora pour s’en sortir puisque l’Etat a tourné le dos à ses obligations régaliennes ?

Si la diaspora dispose des moyens financiers elle a aussi besoin de coopérer avec les institutions de leurs origines pour mettre en pratique leur réalisation sinon elle va demeurer dans l’assistance des familles et non dans l’investissement direct qui lui permettrait d’accroitre ses revenus aussi en éjectant son capital en Afrique.

Car elle reconnaît que seule l’aumône rendrait toujours dépendant celui qui la reçoit mais elle serait à la longue difficile à maintenir.
Donc les secours de la diaspora sont bons mais ils devraient dépasser le cadre de la consommation des ménages familiaux pour atteindre un impact dans l’investissement infrastructurel.

Le rôle de la diaspora n’est en aucun cas négligeable. Aujourd’hui elle qui approche des millions de personnes peut aussi devenir une base concertée si les décideurs voudraient bien lui prêter main forte sans toujours voir en elle cette masse opposée au régime en place et qui ne peut de l’extérieur rien lui offrir.

La diaspora n’est pas un vecteur déstabilisant, un criquet migrateur des deux environnements servant d’informateur sur les tares des régimes laxistes mais elle a sa place pour propulser avec la société civile plus de transparence dans les affaires de l’état et la gestion de la société.

Cette diaspora qui est en contact avec son nouveau monde, la côtoie et la vit, voudrait prendre ce qu’elle trouve bonne pour son berceau mais aussi elle a besoin des valeurs de ce berceau pour les promouvoir dans le pays d’accueil si elle voudrait se faire accepter.

Donc si les conditions sont bien réunies la diaspora s’impliquerait davantage dans des projets viables, elle se mobiliserait par son know-how si des marchés lui sont proposés.


Andre Ekama
Ecrivain Camerounais

lien sur un debat radio sur ce theme dirigé par Dr. Jean Aime Moukoutou
http://www.ustream.tv/recorded/18935309

Email : acrnev@yahoo.fr

www.andre-ekama.de
http://www.afrika-kulturinstitut.de/


09/12/2011
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