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La morale politique en panne !

En toute sincérité

La moralisation de la vie politique bat de l’aile. Boni Yayi en a pourtant fait son cheval de bataille sous une avalanche de discours tombés sur la République promise au changement. Le renouvellement du mandat sur le mode du K.O donne l’espoir du rattrapage moral dans la jungle politique. La refondation, notamment celle de la morale politique annoncée, réveille le sentiment de l’inauguration d’une nouvelle ère. On a vite cédé à l’optimisme béat. Erreur.

Le monde politique béninois continue d’inonder l’opinion de ses bizarreries et de ses mille entorses à la raison et à l’éthique. Rien ne semble tempérer les ardeurs de nos politiciens empiriquement destinés à la voirie. La saison des retournements spectaculaires de veste bat son plein avec le défilé des félons et la pirouette dégoûtante d’individus sans conviction. Une crise morale inquiétante.

L’éthique reçoit constamment les coups de hache des forcenés de la politique. Le bavardage et le délayage jettent dans le non-sens. L’agitation ambiante apporte sa dose de micmac. La politique se plie à tout et distille ses anecdotes et ses absurdités. Les dérives multiformes empilées dans la fange ne sont en rien les récents avatars de la politique.

La politique se meut dans ses eaux troubles et libère ses déchets. Sur un palier toxique et foncièrement immoral, la transhumance revient au cœur de la politique sous l’effet des exigences du ventre. De gens lunatiques, plaisantins sans boussole sevrés apparemment de rations affichent des soutiens fugaces sur fond de déclarations burlesques dans une gymnastique croustillante. Le chroniqueur est hébété à l’idée que de leaders politiques ayant battu campagne contre Yayi, se mettent aujourd’hui à ramasser goulûment leurs vomissures par des paroles souillées ou des lettres incohérentes, ridicules et indignes. Certains ébruitent et polluent les coulisses dans la marche impure vers l’adhésion au yayisme. Comment expliquer ce renoncement brutal de l’être lui même et ces éloges à Yayi, hier traité des pires attributs et des sinistres superlatifs. C’est à l’eau de javel qu’il convient maintenant de laver les consciences maculées d’excréments et trainées dans la sale brouette de la transhumance la plus honteuse.

La moralisation de la vie politique est grippée parce que Boni Yayi l’a peut-être voulu. En accueillant à bras ouvert dans le camp de la mouvance ces nouveaux supporters douteux, le héros du K.O encourage le triste phénomène du nomadisme politique. Il y a comme un manque de caractère et de tempérament face à la horde agitée d’opportunistes et de soi-disant leaders, plutôt égarés. En principe et conformément à l’éthique et à la morale, Yayi devrait les chasser et laisser fièrement un héritage moral à la postérité. Il faut jeter les bases de la refondation de la morale politique en nettoyant d’abord les écuries malpropres et contagieuses, en fermant la porte aux esprits frappés du mal incurable de l’inconstance.

Que ceux qui sont élus sur la liste X continuent à défendre les idées initiales que leur famille politique avait proposées à l’électorat. Que les opposants restent opposants et assument ce statut. Les partisans de Yayi ne feront pas la folie de quitter la rivière pour le désert. On espère que la fidélité à l’homme résistera aux effets de fin de second mandat. Le spectacle laisse croire que le K.O a converti quelques barons de l’opposition. Toute prise de nouvelle direction devrait intervenir après une nouvelle campagne et une réponse des électeurs. Le traditionnel mensonge rabâché mais véhiculé sous une phrase vicieuse et désormais usée " ma base m’a demandé d’aller …. ", perd toute force et couleur. Le peuple longtemps floué a tout compris du manque de vision, de la trahison et du balancement de ces quémandeurs de suffrages vivant au gré du vent.

Le Président de la République, dans l’exercice de son dernier mandat a tous les atouts pour faire triompher la moralisation de la vie politique et donner du souffle à la refondation. Il peut commencer par un acte qui paraît simple : décourager l’afflux à la rivière de ceux qui, il y a moins d’un an, proclamaient son incapacité à gouverner le Bénin. Cela n’empêchera nullement le dialogue politique.


17-01-2012, Sulpice O. GBAGUIDI



17/01/2012
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