L'EVEIL DE L'AFRIQUE

Histoire : Les pères du Panafricanisme




L’idée panafricaine se précisa aux caraïbes et en Amérique du Nord à la fin du XIXème siècle, après une longue et parfois violente confrontation opposant les autorités et les propriétaires esclavagistes aux Nègres libres et aux Nègres esclaves. Parmi les personnalités qui participèrent à sa naissance, quatre hommes des caraïbes se démarquent. Ils se différencient nettement des autres penseurs de leur génération : Edward Wilmot Blyden, Anténor Firmin, Henry Sylvester Williams et Benito Sylvain. Ceux-ci, sont à l’origine de l’organisation de la première conférence panafricaine organisée à Londres en 1900, laquelle consacra le nom « panafricain » à un mouvement qui avait jusque-là existait sans nom pendant plus de cent ans.



Histoire : Les pères du Panafricanisme
Le panafricanisme apparaît tout d’abord comme la réponse des esclaves noirs du nouveau monde à la condition et situation d’infériorité qui leur est faite. Plus qu’une simple volonté d’affirmation de leur africanité et un simple désir de retour dans leur mère patrie africaine, il se veut l’expression d’une culture et d’une civilisation africaine authentiques
Le panafricanisme désigne des courants assez différents selon l’époque à laquelle on les considère. Le panafricanisme est apparu tour à tour comme un mouvement philosophico- racial, culturel et politique. Ces trois esprits se sont parfois confondus dans l’esprit de ses promoteurs.

Dans son acception philosophique, le panafricanisme est lié au Garvéyisme (le Pouvoir Racial). Influencé par l’œuvre de Booker T. Washington, Marcus Mosiah Garvey né en Jamaïque créa aux Etats-Unis l’Association Universelle pour l’Amélioration du Noir (UNIA). En 1914, il se sentait sûr de pouvoir réunir les peuples noirs du monde entier dans un seul grand ensemble, pour établir un pays et un gouvernement. Garvey était infailliblement dévoué à la doctrine de la race avant tout autre chose, non pas seulement la race, mais certainement la race d’abord.

D’un point de vue de son expression culturelle, le panafricanisme s’est manifesté à travers le mouvement de la négritude développé par Césaire, Senghor, Tirolien et Damas. La « négritude » est une attitude d’autodéfense de la société négro-africaine. Ce mouvement de pensée a donné naissance à la maison d’édition « Présence Africaine » créée par Alioune Diop en 1947. En 1956, l’équipe intellectuelle de « présence africaine qu’animait Alioune Diop organisa à Paris le premier congrès international des écrivains et artistes noirs qui soulignent l’universalité de la culture noire. Son deuxième congrès qui se tient à Rome en Mars 1959 mis l’accent sur le refus de l’assimilation culturelle.

Le premier festival mondial des arts Nègres qui se déroula à Dakar en Avril 1966, ceux qui eurent lieu en juin 1969 à Alger et à Lagos en 1974 s’inscrivent dans cette expression littéraire du Panafricanisme qui met l’accent dans une perspective du continentalisme sur ce qui rapproche plutôt que sur ce qui divise.

Dans une acception plus politique, le panafricanisme se présente comme un moyen de libération coloniale, de consolidation de l’indépendance et de réalisation de l’unité africaine que les Africains, croyant en un destin commun, se proposent de réaliser.

Ainsi, W. E Burghart Du Bois participe d’une manière décisive à la théorisation du panafricanisme au début du XXème siècle. Co- Fondateur aux Etats-Unis de l’Association Nationale pour l’Avancement des Personnes de Couleur (NAACP) en 1909, Dubois est le principal responsable de l’organisation des cinq congrès panafricains entre 1919 et 1945.

Deux autres personnalités ont également théorisé la raison d’être du Panafricanisme après la deuxième guerre mondiale. Il s’agit du Jamaïcain George Padmore et du Ghanéen Kwame Nkrumah. Dans « Panafricanisme ou communisme », Padmore raconte le combat historique des africains et des peuples d’ascendance africaine pour leurs droits et leur autodétermination dans l’unité. Par ailleurs, il écrit ce livre pour discréditer une certaine propagande nourrie selon lui par les impérialistes qui voudrait que tout l’activisme politique ou les revendications visant à obtenir l’indépendance soient d’inspiration communiste.

S’agissant de Nkrumah, il propose dans « l’Afrique doit s’unir » la création des Etats-Unis d’Afrique. En effet, d’après lui, l’unité politique, économique et militaire est la condition majeure pour relever le défi que pose la balkanisation de l’Afrique et sa domination par les puissances de la conférence de Berlin. Le Panafricanisme de Nkrumah à été caractérisé comme étant révolutionnaire ou maximaliste par opposition au panafricanisme modéré ou minimaliste qui à généré l’Organisation de l’Unité Africaine(OUA) tout comme l’Union Africaine(UA).

EDWARD WILMOT BLYDEN (1832 - 1912)

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Né le 3 août 1832 à Saint-Thomas, une des colonies danoises des Caraïbes, et descendant d'esclaves, Edward Wilmot Blyden devint l'une des personnalités internationales les plus brillantes du monde africain et caraïbe. Connaissant plusieurs langues, dont le français, l'allemand, le grec, l'hébreu et l'arabe, il exerça des fonctions d'enseignement tout d'abord, au Liberia et en Sierra Leone.

JOSEPH-ANTÉNOR FIRMIN (1850 – 1911).

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Joseph Anténor Firmin (18 octobre 1850 - 1911) est un homme politique et intellectuel haïtien. Anténor Firmin est candidat à la présidence à la fin du XIXe siècle. Ministre de Florvil Hippolyte en 1891, il résiste aux pressions des États-Unis, qui voulaient installer une base militaire en Haïti, au Môle Saint-Nicolas. Il a écrit :

• De l’égalité des races humaines. Anthropologie positive, Paris, F. Pichon, 1885, réédition Editions L'Harmattan, Paris, mars 2004. Préface de Jean Métellus
• Haïti au point de vue politique, administratif et économique: conférence faite au Grand cercle de Paris, le 8 décembre 1891, Paris, F. Pichon, 1891
• Diplomate et diplomatie: lettre ouverte à M. Solon Ménos, Cap-Haïtien, Imprimerie du Progrès, 1899
• M. Roosevelt, président des États-Unis et la République d'Haïti, Paris, F. Pichon et Durand-Auzias, 1905
• Lettres de Saint Thomas. Études sociologiques, historiques et littéraires, Paris, V. Girard & E. Brière, 1910
• L'effort dans le mal, Port-au-Prince, Imprimerie H. Chauvet, 1911

Henry Sylvester-Williams

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Henry Sylvester-Williams né en 1869, mort en 1911, était un avocat et un écrivain britannique. Né en 1869, mort en 1911, était un avocat et un écrivain britannique. Inscrit au barreau anglais au XIXe siècle, il fut un actif partisan du mouvement panafricain. Il avait noué des rapports étroits avec les noirs africains de Grande-Bretagne, et les conseilla juridiquement.

En 1900, au moment de l'exposition coloniale, il convoqua une conférence à Londres contre l'accaparement des terres coutumières par les Européens. Selon DuBois, c'est cette conférence qui mit pour la première fois à la mode le mot « panafricanisme ».

William Edward Burghardt (W.E.B) Du Bois (23 février 1868 – 27 août 1963)

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William Edward Burghardt (W.E.B) Du Bois (23 février 1868 – 27 août 1963) est un sociologue, éditeur et poète afro-américain originaire d' Haïti qui milita pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs aux États-Unis. Il fut naturalisé ghanéen en 1963. Il fut lauréat du Prix international de la paix (décerné par le Conseil mondial de la paix) en 1952 et du prix Lénine pour la paix en 1959.

Booker Taliaferro Washington

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Booker Taliaferro Washington (5 avril 1856 – 14 novembre 1915 ) fut enseignant, écrivain et surtout un militant qui défendit les droits des Américains noirs. Washington est né esclave, d'un père blanc et d'une mère noire

Marcus Mosiah Garvey

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Marcus Mosiah Garvey (17 août 1887, Saint Ann's Bay, Jamaïque-10 juin 1940, Londres) est un leader noir du XXe siècle et est considéré comme un prophète par les adeptes du mouvement rastafari, d’où son surnom Moses ou The Black Moses, Moses se traduisant par Moïse en français. Précurseur du panafricanisme, il se fait le chantre de l’union des noirs du monde entier à travers son journal The Negro World et le promoteur obstiné du retour des descendants des esclaves noirs vers l’Afrique (ce qu'on appelle le "Back to Africa").

La Black Star Line est une compagnie maritime transatlantique, créée par Marcus Garvey en 1919 qui avait pour but de "servir de lien entre les peuples de couleur du monde dans leurs rapports commerciaux et industriels".

Elle fut entièrement financée par "la souscription et l'émission d'actions acquises par des personnes noires ordinaires, attirées par l'idée d'une « nation nègre indépendante » conceptualisée par Garvey". Cet élan de solidarité permit rapidement à Garvey l'acquisition de quatre paquebots transatlantiques (dès 1922).

Ceci répandit une onde de choc parmi l'establishment blanc international : "Voilà un homme qui, non seulement avait compris que la seule voie vers l'accession au pouvoir politique passait par la puissance économique, mais utilisait les deux avec une habilité stupéfiante. La mise en route de la Black Star Line constituait le couronnement de son action et laissait entrevoir ce qu'une nation noire unie pouvait effectivement accomplir sous l'influence d'un leader entreprenant et créatif". Quelques temps plus tard il fut emprisonné.

George Padmore

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George Padmore (né Malcolm Ivan Meredith Nurse à Arouca sur l'île de Trinidad 28 juin 1903-23 septembre 1959) est un leader noir du panafricanisme au XXe siècle.

Kwame Nkrumah

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Kwame Nkrumah (21 septembre 1909 à Nkroful, Ghana - 27 avril 1972 à Bucarest, Roumanie) est un homme politique indépendantiste et pan-africaniste ghanéen qui dirigea le Ghana indépendant en tant que Premier ministre de 1957 à 1960 puis en tant que président de 1960 à 1966.


09/12/2011
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