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: Gabon : une croissance dopée par les chantiers de la CAN 2012 | mahfouz.blog4ever.com - le premier blog d'information et d'actualité sur l'Afrique

29/11/2011 à 16h:43 Par Stéphane Ballong, envoyé spécial à Libreville

Le stade de l'Amitié-sino-gabonaise, à Angondjé, près de Libreville. Le stade de l'Amitié-sino-gabonaise, à Angondjé, près de Libreville. © Tiphaine Saint Criq pour J.A.

À moins de deux mois du coup d’envoi de la CAN 2012 au Gabon, les chantiers touchent à leur fin. Libreville y a consacré quelque 370 millions d’euros, qui ont profité aux entreprises locales comme étrangères.

Des dameuses vont et viennent pour aplanir le sol des futurs parkings. Des camions-citernes se faufilent au milieu des machines pour ravitailler le chantier en eau et en carburant. Aux alentours du stade de l’Amitié-sino-gabonaise où se jouera, le 12 février, la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2012 de football – coorganisée avec la Guinée équatoriale –, les ouvriers Gabonnais s’activent. Ils sont environ 200 (150 Chinois et 50 Gabonais) à se relayer, jour et nuit, pour finir la construction. L’infrastructure doit être livrée au plus tard début décembre. Au plus fort de ce chantier de vingt-deux mois, ils étaient environ un millier, dont près de 750 Chinois et 250 Gabonais.

Malgré le retard, tout sera prêt pour le début de la CAN 2012.

Joyau architectural

« Les gros ouvrages sont achevés, il ne reste plus que les parkings, les cabines médias, le système électronique de la billetterie et l’aménagement paysager à finir », assure Thierry Roussillon, le directeur des projets de la CAN 2012. Autrement dit, malgré le retard, tout sera prêt pour le début de la compétition. Construit par Shanghai Construction Group, ce stade – qui a accueilli le 10 novembre son premier match, une rencontre amicale entre le Gabon et le Brésil, perdue 0-2 par les Panthères – a davantage fait appel à des ouvriers gabonais qu’aux PME et PMI locales.

Ce joyau architectural de 40 000 places est « un cadeau du gouvernement chinois au Gabon au nom de l’amitié qui lie les deux pays », affirme Henri Ohayon, le directeur général de l’Agence nationale des grands travaux (ANGT). Un cadeau qui aura tout de même coûté, d’ici à la fin de la compétition, près de 37 millions d’euros à Libreville. Ce montant, financé par l’ANGT, sera essentiellement consacré aux travaux de finition. L’éclairage a ainsi été changé pour répondre aux normes de la Fédération internationale de football association (Fifa), et la pelouse va être entièrement refaite. Libreville a fait appel à la société sud-africaine Everdream, qui a déjà travaillé sur les stades de la Coupe du monde 2010.

Créée en février 2010 en partenariat avec l’américain Bechtel, l’ANGT est chargée de veiller au bon avancement des projets d’infrastructures. Au total, le Gabon, qui surfe sur la bonne tenue des cours du pétrole, aura investi, par l’intermédiaire de l’agence, 370 millions d’euros dans les équipements destinés à la CAN. « Globalement, le budget initialement arrêté a été respecté. Les dépassements observés sur certains projets ont été amortis par les économies réalisées sur d’autres », explique Henri Ohayon. Parmi les chantiers dont le budget a été dépassé, la réfection de l’hôtel Leconi Palace, à Franceville : évaluée à 10,7 millions d’euros, elle en aura coûté environ 2,3 millions de plus.

Croissance stimulée

Hôtels, hôpitaux… Ces investissements massifs ont stimulé la croissance. De – 1,4 % en 2009, elle est passée à 5,5 % l’an dernier et devrait atteindre 4,2 % cette année et 4,9 % en 2012, selon la Banque africaine de développement. Ils ont profité aux entreprises gabonaises comme aux étrangères. Socoba, l’une des principales sociétés de BTP du pays, a ainsi remporté, aux côtés de groupes étrangers comme Colas et Ramez, la construction des routes d’accès au stade de l’Amitié-sino-gabonaise, ainsi que d’hôtels et d’hôpitaux à proximité. En fait, c’est tout le quartier d’Angondjé (nord de Libreville), où se situe le stade, qui est en chantier. Ce réaménagement entre dans le cadre des projets de développement d’infrastructures prévus pour les cinq prochaines années et pour lesquels le gouvernement entend investir 8,7 milliards d’euros.

De – 1,4 % en 2009, la croissance est passée à 5,5 % l’an dernier et devrait atteindre 4,2 % cette année et 4,9 % en 2012, selon la Banque africaine de développement.

C’est aussi Socoba, créée et dirigée par un Gabonais d’origine française, Jean-Claude Baloche, qui a eu en charge le gros œuvre de l’autre stade qui accueillera la compétition, celui de Franceville (province du Haut-Ogooué, dans le Sud-Est). Reconstruit à plus de 80 % – un investissement de 76,2 millions d’euros –, il a une capacité de 22 000 places, contre 8 000 auparavant. Couvert à 65 %, il a été conçu par le cabinet 2G, une société de droit gabonais créée en 2003 et dirigée par un Serbe, Goran Gogov.

Bien plus avancés qu’à Libreville, les travaux, qui ont duré deux ans, sont presque terminés. Sur ce chantier, Socoba a travaillé aux côtés de la filiale locale du français ETDE, qui s’est occupée de l’électricité et du courant faible, et de la société serbe Amiga, qui a été chargée de l’installation de la charpente métallique. Autre entreprise gabonaise ayant tiré son épingle du jeu : le groupe Kabi, qui a décroché la construction d’un hôtel de 100 lits et de plusieurs résidences de 50 chambres destinées à accueillir les équipes.

Des chantiers de rénovation et de modernisation ont aussi été lancés. L’aéroport international Omar-Bongo de Mvengué, à 25 km de Franceville, est en pleine réhabilitation avec la construction d’un pavillon présidentiel, l’extension et la modernisation de l’aérogare et de la piste d’atterrissage. Le tout, cofinancé par le Gabon et la Banque islamique de développement (BID), représente un montant de près de 15 millions d’euros.

Et après ?

Si tout semble bien parti pour la compétition, reste la question de l’utilisation qui sera faite de ces infrastructures par la suite. Selon Henri Ohayon, des contrats sont en cours de finalisation avec des sociétés internationales pour les administrer et les rentabiliser. Il affirme qu’une partie du stade de l’Amitié qui devait accueillir des bureaux a été transformée en hôtel trois étoiles et devrait être concédée à un spécialiste.


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08/12/2011
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